George Wachira
Directeur, Initiative pour la paix de Nairobi (IPN-Afrique),
Nairobi, Kenya
English
Le 16 mars de 2000Introduction
Au cours de cette discussion, je voudrais m'attarder plus particulièrement sur la complexité des conflits africains et les dilemmes du rétablissement de la paix, pour différentes raisons. Je pense, en premier lieu , que la paix et la sécurité sont fondamentalement liées à l'amélioration de la qualité de vie de la population et des liens qui y existent. Pour arriver à cela, l'Afrique a besoin de faire preuve d'initiatives dans sa quête de paix et de sécurité, ce qui consisterait à mettre en place des structures, des processus et des institutions à même de prévenir la déterioration des tensions et des différends présents au sein d'un conflit armé. Je pense, en second lieu, que se pencher sur les racines des conflits en Afrique revient concrètement à se pencher sur des questions aussi importantes et fondamentales que le développement économique, les droits de l'homme et la démocratie, la dégradation de l'environnement, etc. Il semble, en troisième lieu, que la nature des urgences liées au conflit, leur aspect multiple et leurs conséquences, leur persistance longtemps après la fin d'un conflit et l'absence d'approches valables et testées pour les traiter, font des conflits une préoccupation centrale pour le continent. En quatrième lieu, (qui pourrait très bien être le premier), mon approche se trouve influencée par le travail que j'ai mené au cours des dix dernières années dans le domaine du rétablissement de la paix et de la transformation des conflits. Ce travail a principalement impliqué des efforts de rétablissement de la paix à la base et de réconciliation en divers lieux du continent. Il en découle que mes réflexions se situent plus dans la perspective d'un homme de terrain que dans celle d'un universitaire. Il existe plus ou moins un consensus relatif aux limites de la compréhension traditionnelle, au sens strict, de la menace-militaire-et-extérieure pour la paix et de la sécurité. La doctrine de "sécurité nationale" se concentrait, en particulier, pendant la période de la Guerre froide, sur la manière dont la nation protégeait ses "valeurs nationales essentielles" et ses "intérêts" vis à vis des menaces, en ayant recours à la force armée ou en s'en servant comme d'une menace.
Dans les régions du monde en développement et certainement en Afrique, cette doctrine était plutôt celle de la "sécurité de l'Etat", dans la mesure où l'intérêt principal ne résidait pas tant dans la sécurité de la nation et de ses intérêts que dans ceux de l'élite au pouvoir - perçue comme le lien qui symbolisait et permettait de maintenir en place les récents et fragiles Etats-nation. Cette approche a été aidée par un appareil d'Etat impitoyable, qui jouissait, de son côté, du soutien des super-puissances de l'arithmétique de la Guerre froide et était fondée une l'hypothèse qui voulait que les pays africains aient besoin d'un gouvernement très centralisé pour survivre.
Malheureusement, des pays tels que l'Angola et le Mozambique ont vu les super-puissances soutenir des groupes différents de l'élite de ces pays qui ont mené des guerres comptant parmi les plus longues et les plus meurtrières du continent. Le soutien des super-puissances encourageait les régimes à se détourner des réalités qui généraient des tensions interieures et qui, aujourd'hui, devraient constituer la préoccupation centrale en matière de paix et de sécurité dans les pays africains. Elles comprennent, mais ne s'y limitent pas, la fragilité des Etats-nation africains et de leurs économies, la pauvreté chronique, la marginalisation et l'exclusion des processus politiques, une répartition inégale des richesses, etc. Bref, tout ce qui constitue l'essence de la justice sociale. Ces tensions sont exacerbées lorsque les intérêts des partis s'organisent en fonction des différences ethniques (ou claniques), raciales, religieuses, linguistiques et autres pour exprimer leurs revendications. C'est ce qui a engendré des conflits en chaîne et violents sur le continent africain. Ironie du sort, ce sont les personnes qui désirent le plus ardemment la justice sociale qui se retrouvent complètement divisées et se déchirent les unes les autres.
Les conflits africains ont exercé des moyens de pression si lourds sur les populations et leurs cultures, leurs économies, leurs infrastructures et l'environnement, qu'on peut se demander comment certaines ont pu survivre. Des histoires circulent un peu partout sur les expériences déchirantes qui prévalent dans les situations de conflit. Des millions de morts, de personnes déplacées, les cicatrices psychologiques, les famines, la destruction des liens communautaires, la dégradation de l'environnement, la prolifération des armes aux mains d'acteurs non-étatiques, telles sont certaines des conséquences des conflits.
Le plus souvent, un conflit dans un pays a eu tendance à déclencher d'autres conflits et semer l'insécurité dans une région, rendant ainsi d'établir une distinction entre conflits intra et inter nationaux. La régionalisation des conflits passe par les mouvements de réfugiés, de combattants et d'armes. L'activité politique qui agite les réfugiés est une source majeure de conflit, cela a été évident dans la région des Grands Lacs d'Afrique centrale, il en va de même des affinités ethniques et culturelles le long des frontières. Ces problèmes sont intensifiés par les encouragements directs ou indirects émanant de l'activité politique des pays hôtes. Dans la région des Grands Lacs, il est évident qu'un épisode conflictuel crée les conditions du suivant. En 1990, par exemple, les Rwandais exilés en Ouganda, dans les années 50, ont entrepris leur retour d'Ouganda. Après le génocide de 1994, d'autres Rwandais ont trouvé refuge dans l'Est de la RDC. L'implication actuelle du Rwanda dans la guerre en RDC est justifiée par le besoin qu'a le Rwanda de neutraliser les réfugiés rwandais politiquement actifs qui pourraient, à leur tour, manifester la volonté d'organiser un retour armé.
En raison de la régionalisation (et, finalement, internationalisation) des conflits africains, il est communément admis aujourd'hui qu'on ne peut traiter des questions relatives à un conflit dans un seul pays sans s'intéresser à leur dimension régionale et internationale. Ainsi, les solutions au conflit de la RDC ne peuvent-elles être envisagées sans se pencher sur les conflits des pays voisins, Burundi, Rwanda et Ouganda. La guerre en Sierra Leone était intimement liée aux événements du Libéria. De même, au Kenya, l'insécurité grandissante des zones urbaines et la course aux armes perceptible au sein des communautés pastorales du Nord-est est à replacer dans le contexte des longues périodes de guerre et d'insécurité de la région, en particulier en Somalie et au Soudan, et de l'arrivée consécutive à cela de personnes et d'armes au Kenya. La prolifération des armes sur le continent est d'une importance significative en matière de paix et de sécurité. Tandis que les Etats s'engagent dans des guerres ou dans des luttes contre les rebelles, conserver la trace des armes (en particulier de celles définies comme armes légères ou de petit calibre) devient très difficile, dans la mesure où le contrôle exercé par les régimes tend à se réduire. Les armes qui sont aujourd'hui en possession légale (gouvernement) deviennent facilement les armes illicites d'une guerre à venir, des barrages routiers ou des vols de banque. Comme cela a déjà été mentionné, de simples gardiens de troupeaux keyans, ougandais, éthiopiens ou soudanais portent ostensiblement des armes sophistiquées pour protéger leurs troupeaux. Ces armes ont été une telle source d'insécurité dans les zones qui ont servi à mener des offensives et des contre-offensives, au sein et au-delà des frontières nationales, que les gouvernements de la région ne sont, sans doute, pas en mesure de contrôler, si ce n'est en déployant des militaires le long des frontières. Dans le cas du Kenya, la frontière Nord constitue dans son ensemble un cauchemard sécuritaire.
Nombre des principaux conflits africains ont été financés par le biais du commerce illégal de certaines ressources naturelles. Ainsi, en RDC, en Sierra Leone et en Angola, les mines de diamants et d'or, les réserves pétrolières et même les forêts constituent-elles toujours un enjeu majeur pour toutes les parties en conflit. Avec ses grandes réserves de diamants et de pétrole et une population relativement peu importante, l'Angola devrait compter parmi les pays les plus riches d'Afrique. La richesse minière est souvent, tout à la fois, la cause et le moyen de financement de certains des conflits de longue durée. Les combattants, d'un bord comme de l'autre, bénéficient de la richesse minière, tandis que les marchands d'armes sont tout simplement ravis de continuer d'approvissionner les combattants en échange d'une part de cette richesse. En dépit de l'interdiction onusienne de la vente illicite de diamants, ceux-ci continuent d'être acheminés vers les capitales occidentales. La pratique inquiétante de la privatisation de la sécurité est en train de s'enraciner en Afrique. Dans son acception la plus universelle, elle se déploie sous la forme de mercenaires qui font la guerre au nom d'acteurs aussi bien internes qu'externes des conflits africains. Sa version la plus localisée est le "recrutement de voyoux" dont se servent les acteurs politiques pour exercer une pression violente sur leurs adversaires. L'augmentation de l'insécurité urbaine oblige les citoyens à prendre eux-mêmes leurs dispositions dans le domaine sécuritaire, lorsque la police ne peut plus s'en sortir. La croissance de l'insécurité urbaine a été liée à la déterioration générale des économies, poussant ainsi les populations (principalement des "gangs" de jeunes instruits mais sans emploi) vers une criminalité violente et risquée.
A Nairobi, par exemple, des syndicats du crime bien organisés rivalisent avec la police du point de vue de leur sophistication et la surpassent souvent. La jeunesse africaine, sans emploi et de plus en plus agitée, constitue, en effet, un problème majeur en terme de sécurité. Mais il ne faut pas voir tout en noir. Il y a des développements positifs en Afrique qui doivent être reconnus et encouragés. Les regroupements continentaux et régionaux sont de plus en plus impliqués dans la réaction aux problèmes des conflits qui ont lieu au sein et entre les Etats membres. La gestion des conflits et le rétablissement de la paix sont devenus des points majeurs de l'ordre du jour de l'OUA et de l'IGAD, comme de la CEDEAO et de la SADC. C'est une indication du fait que les institutions du continent commencent à s'attaquer au défi que représentent les conflits. Toutefois, il serait intéressant de voir si ces institutions régionales seront à même de faciliter des processus, au sein desquels les parties armées au conflit ne seraient pas les seules à s'assoir à la table des négociations. Dans des cas comme ceux du Soudan, du Burundi, de la RDC et dans d'autres cas encore, il faudrait essayer de prêter vraiment attention aux individus au nom desquels les guerres sont prétendument menées, un geste qui ne pourrait que renforcer les chances de mise en oeuvre de tout accord. Il s'agirait alors d'une innovation remarquable dans le domaine du rétablissement de la paix en Afrique. A un autre niveau, les organisations oeucuméniques, telle que la All Africa Conference of Churches (Conférence de toutes les églises africaines) (AACC qui, avec le World Council of Churches (Conseil mondial des églises), ont été les instruments des négociations et de la signature de l'Accord d'Addis-Abeba, en 1972, entre le gouvernement du Soudan et les rebelles du Sud) ont également été étroitement impliquées dans les efforts de rétablissement de la paix, lors de nombreux réglements, en agissant par le biais de la foi des communautés. Transcendant les niveaux, mais principalement concentrées aux niveaux les plus élémentaires, on trouve une multitude d'ONG et d'autres organisations de la société civile qui ont vu le jour sur le continent au cours de la dernière décennie. Tout ceci prouve que les individus sont décidés à revendiquer le fait que la sécurité ne doit pas rester un problème reposant uniquement entre les mains de l'Etat. En tout cas, l'Etat a souvent été le principal violateur de la sécurité des personnes, que ce soit de façon volontaire ou par omission. Les dirigeants africains doivent assumer la responsabilité de la paix et de la sécurité ou de leur absence dans leurs pays.
On a pu remarquer une tendance (développée principalement par les médias occidentaux) à juger les performances des dirigeants africains à l'échelle de leur degré de réussite, comparé à celui de leurs prédecesseurs ou de leurs voisins. De cette manière, on juge le président kenyan, Moi, en fonction de sa capacité à maintenir le calme dans son pays, en le comparant à ses voisins, du Soudan et de la Somalie, tandis que le président ougandais, Museveni, est jugé à l'aune de sa capacité à conserver l'unité de l'Ouganda, en la comparant, de la même manière, à celle des régimes précédants. Il n'y a pas si longtemps, les régimes rwandais, ougandais, érythréens et éthiopiens étaient salués comme des visionnaires d'un genre nouveau, les précurseurs africains de meilleurs jours à venir. Quelques années plus tard, il n'y a pas de preuves tangibles d'une quelconque innovation de leur part à même d'offrir des solutions durables aux problèmes des régions de la Corne de l'Afrique et des Grands Lacs. Il semble, en revanche, que la stabilité de ces régions se soit déteriorée et qu'elles soient encore plus militarisées. Des critères plus objectifs (par exemple, capacité des dirigeants à élaborer des institutions qui assurent la stabilité, la justice sociale et la cohésion nationale à long terme) doivent être encouragés. La paix et la sécurité seraient mieux servies, si les pays africains dépensaient moins en armement et préparatifs de guerre et plus pour le développement socio-économique. Enfin, quelques observations sur le défi que représentent le rétablissement et la reconstruction: La reconstruction après-conflit est souvent limitée à la réhabilitation des équipements physiques et des infrastructures détruits pendant le conflit. Ce qui est effectivement très important, dans la mesure où la destruction de l'infrastructure et d'autres d'installations stratégiques constitue un des principaux objectifs de toute campagne de militaire.
Mais la reconstruction après-conflit ne devrait pas être envisagée de la même manière que la réponse aux conséquences d'une catastrophe naturelle. Il faudrait porter une attention égale à la dimension humaine de nos conflits (ou à la réconciliation, si vous préférez). Tandis que les catastrophes naturelles sont à même de réconcilier les pires ennemis, unis par le sentiment d'injustice et la compassion, les conflits déchirent les individus et détruisent les liens qui les unissent, laissant de profondes cicatrices psychologiques. La plupart des pays africains ont été marqués par des taux de mortalité civils très élevés et par les pires atrocités. Du Liberia au Mozambique, en passant par le Rwanda, la Somalie et la Sierra Leone, les conflits ont laissé des traces indélébiles dans les mémoires collectives des populations. Dans certains pays, des générations de jeunes ont grandi en ne connaissant que la guerre. Au Liberia, au Rwanda, en Sierra Leone, en Ouganda et au Soudan les enfants ont été tout à la fois utilisés comme les cibles de la violence et y ont participé. Beaucoup ont assisté à la mort ou au démembrement de leurs parents, amis ou proches ou les ont vu commettre de tels actes. Des milliers de femmes ont été traumatisées par la guerre. On trouve, par conséquent, dans tout le continent des générations vivant dans la peur de la guerre qui doivent, d'une façon ou d'une autre, s'adapter à l'équation de la reconstruction de peur que leurs expériences ne deviennent la source d'atrocités futures.
A l'exception de certains cas, comme l'Afrique du Sud, le travail important d'apaisement des mémoires douleureuses et d'arrêt définitif après des conflits prolongés a été envisagé comme accessoire dans le processus de construction d'un pays solide et développé et ne figurait que rarement dans les accords de paix supposés mettre un terme aux conflits. Dans bien des cas, le travail d'apaisement a été laissé aux acteurs non-officiels telles que les églises et les ONG, dont les relations avec l'Etat sont souvent caractérisées par la suspicion mutuelle plutôt que par le partenariat. Certains de ces acteurs sont bien intentionnés et fournissent un travail remarquable, tandis que d'autres ne sont que de simples opportunistes. Nous suggérons ici que la reconstruction des relations humaines après un conflit fasse figure de processus majeur et délibéré, reconnu comme tel par les autorités. Le TRC sud-africain doit, à cet égard, être considéré comme l'exemple d'une tentative visant à mettre fin à un passé atroce afin d'offrir la possibilité d'un avenir commun prospère. Ni un accord d'amnistie générale (comme ce fut récemment le cas en Sierra Leone), ni la mise en place d'un processus strictement judiciaire (comme c'est le cas au Rwanda) ne peuvent garantir le genre d'avenir paisible qui est souhaité. Le Rwanda est un cas très sensible et l'on court le risque de se faire qualifier d'insensible en suggérant certaines choses.
Au sortir d'un conflit aussi atroce que fut celui de 1994, un processus d'attribution de responsabilité pour les morts est, sans aucun doute, nécessaire. Le Rwanda a également besoin de se protéger des attaques éventuelles émanant des vestiges de l'ancienne armée. Toutefois, ces deux mesures ne peuvent être que de court terme. La solution de long terme, en matière de sécurité, au Rwanda, repose sur le courage de ses dirigeants, courage de faire face au processus d'apaisement de ce conflit de longue date qui oppose les deux principaux groupes ethniques du pays et de travailler à leur coexistence réelle. C'est l'Histoire qui fait peser sur le régime actuel le poids d'une lourde responsabilité. Le processus de réconciliation est toujours plus difficilement supportable pour les "victimes", que pour les "bourreaux" ; et plus encore lorsque, ironie du sort, comme c'est le cas au Rwanda, les victimes sont aussi vainqueurs! Et, il ne s'agit pas ici d'une suggestion simplement futile. Face au nombre de personnes tuées par le génocide rwandais et à ses atrocités, face à la guerre sierra-leonaise, qui oserait dire aux victimes de s'engager dans un processus de réconciliation? Et même, qui oserait leur affirmer qu'il n'y a pas d'autres issues possibles? Bien souvent, dans les conflits africains, il n'y a ni victimes, ni bourreaux, mais seulement des victimes. En particulier, lorsque les actes de violence s'infiltrent en profondeur et contaminent non pas simplement quelques centaines de personnes, mais des communautés entières, alors il nous faut aiguiser nos outils pour façonner des solutions. Refuser d'affronter ces questions revient à condamner nos pays à des cycles infinis de pogromes. L'Afrique du Sud, bien que nécessairement imparfaite et ayant une histoire différente, offre l'exemple d'un cas où les victimes devenues vainqueurs ont fait preuve d'une extraordinaire magnanimité envers leurs anciens agresseurs en vue de stimuler la réconciliation nationale, et ce, même en l'absence de toute réciprocité significative de la part de ces derniers. Il nous faut commencer à rompre quelque part les cycles de violence qui sont entrain d'étouffer nos pays.
Conclusion
La paix et la sécurité de l'Afrique ne reposent pas nécessairement sur l'élaboration de préparatifs de guerre et d'une réglementation, mais plutôt sur un travail abordant systématiquement les problèmes générateurs de tensions qui nourrissent les conflits violents. Ces problèmes ont trait à une gouvernance réceptive, nette et responsable, au respect du droit des personnes, à une gestion fiable et à une gestion des ressources, aux opportunités d'expansion économique, etc. Travailler à ces questions est la meilleure des actions préventives. De même faut-il accorder plus d'attention aux processus d'apaisement et de réconciliation afin de mettre un terme aux cycles de violence qui caractérisent les conflits africains. L'accent est ici mis sur le fait que la réconciliation ne correspond pas à un simple mouvement de "pardon et d'oubli", mais à un processus plus systématique d'apaisement des mémoires, du type du TRC sud-africain. Ces processus sont, bien sûr, à envisager sur le long terme et requièrent que des actions soient menées à différents niveaux, par différents acteurs (internes et externes) et de façon durable pendant une certaine période. Si nous nous étions engagés dans de tels processus au moment de l'indépendance et les avions ensuite poursuivis, nos histoires auraient probablament été différentes.
Africa Policy Information Center
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